category: ATU
tags: ATU314
Le vent hurlait au-dessus des vagues, et le ciel se couvrait de nuages sombres. Persée, fils de Zeus et de Danaé, fendait les airs grâce à ses sandales ailées offertes par Hermès. À sa ceinture pendait une épée d’un éclat divin, et sur son dos, un sac de cuir enchanté contenait la tête de Méduse, la Gorgone qu’il avait terrassée.
Depuis des jours, il survolait la mer, cherchant un lieu où se reposer. Mais ce soir-là, un cri perça le tumulte des vagues. Sur un rocher isolé, au bord d’une mer en furie, une jeune femme était enchaînée, vêtue de haillons déchirés par le vent. Son visage, pourtant, brillait d’une beauté surnaturelle.
Persée descendit, battant l’air de ses sandales. — Qui t’a condamnée à ce supplice ? demanda-t-il.
D’une voix tremblante, elle répondit : — Je suis Andromède, fille du roi Céphée et de la reine Cassiopée d'Ethiopie. Ma mère a osé dire qu’elle était plus belle que les Néréides, les filles de la mer. Le dieu Poséidon, courroucé, a envoyé un monstre pour punir notre orgueil. L’oracle a parlé : pour apaiser les flots, je dois être offerte en sacrifice.
À cet instant, un grondement terrible monta des profondeurs. La mer s’ouvrit, et un monstre gigantesque jaillit des eaux : un serpent marin long comme cent navires, à la gueule hérissée de crocs et aux yeux rougeoyants comme des torches.
Les vagues s’écrasaient contre les rochers, et Andromède hurla. Persée brandit son épée et s’élança dans le ciel.
--- 🎶 🎶 🎶 ---
Le dragon frappa la surface de la mer de sa queue, soulevant des colonnes d’eau. Chaque coup faisait trembler la terre. Persée plongeait, frappait, esquivait — un éclair d’acier contre l’immensité des flots. Mais ses coups, pourtant puissants, ne pouvaient entamer les écailles du monstre.
Du haut du ciel, Hermès, son protecteur, observa la lutte. Il dit à son frère : — Le fils de Zeus combat bien, mais ce monstre est né de la mer elle-même. Seule une puissance divine peut le vaincre.
Alors, Athéna, la déesse de la sagesse, apparut dans un éclat argenté, se tenant invisible à côté de Persée. — Fils de Danaé, dit-elle d’une voix calme, tu portes en ton sac une arme que nul mortel ne saurait affronter. N’hésite plus. Montre au monstre le visage de la mort.
Persée comprit. Il battit des ailes et s’éleva au-dessus des nuages. Le vent fouettait son visage, les vagues rugissaient. En bas, le serpent ouvrait sa gueule immense, prêt à se jeter sur Andromède pour l'engloutir tout entier.
--- 🎶 🎶 🎶 ---
Alors, Persée tira de son sac la tête de Méduse. Même sans vie, son visage rayonnait d’une horreur divine : ses cheveux-serpents se tordaient encore, et ses yeux, brillants d’un éclat maudit, portaient la mort.
— Que la Gorgone t’enchaîne à jamais ! cria Persée.
Le serpent leva la tête. Son regard croisa celui de Méduse. Un cri monstrueux retentit — un rugissement si fort que les montagnes répondirent. Puis, peu à peu, le monstre se figea. Ses écailles devinrent du granit, sa gueule ouverte resta béante, et la mer s’immobilisa autour de lui. En un instant, le serpent des flots était devenu pierre, figé pour l’éternité au bord du rivage.
Les nuages se dissipèrent. La mer retrouva son calme. Du ciel descendit une douce lumière : Zeus lui-même veillait sur son fils, fier de son courage. — Tu as vaincu la colère des dieux, dit-il. Mais souviens-toi, Persée : le vrai héros n’est pas celui qui tue, mais celui qui sauve.
--- 🎶 🎶 🎶 ---
Persée libéra Andromède de ses chaînes. Tremblante, elle s'effondra. — Tu m’as sauvée, dit-elle. Pourrais-je te demander un dernier service? Pourrais-tu me raccompagner chez moi ?
Le roi Céphée, et de la reine Cassiopée ne surent comment remercier Persée et lui offrirent de rester dans leur palais jusqu'a ce qu'il sache ou aller. Avec le temps Persée et Andromède finirent par apprendre a se connaitre, s'apprecier puis naquis un amour plus fort que le glaive de Persée et capable de resister meme au regard de la Gorgone.
Le roi, la reine et les dieux bénirent leur union, et Athéna plaça dans le ciel une nouvelle constellation : Persée et Andromède, afin que nul n’oublie leur courage ni la puissance de la sagesse divine.
Et, quand les marins longeaient la côte, ils montraient du doigt les falaises sculptées par les vagues, disant :
« Voici le serpent de mer que Persée pétrifia. Que nul mortel n’oublie qu’un cœur courageux, guidé par le desir de sauver, peut apaiser même la fureur des océans. »